Il est 7h, et la maison est déjà bien éveillée. Pendant que mon fils émerge doucement, je prépare les collations et les repas de mes enfants. Tout en remplissant les boîtes, je pense aux documents à signer dans les cartables, à ce que je dois emporter pour ma journée, et aux petites choses qu’il ne faudra surtout pas oublier.
Je me dis parfois que je devrais tout préparer la veille, et il m’arrive de le faire, mais certains soirs sont tellement remplis qu’il est tout simplement impossible d’y penser. Les enfants se lèvent et très vite les sollicitations commencent : “Maman, où est mon t-shirt ?”, “Tu peux venir ?”. Je regarde l’heure et je sens déjà la tension monter : “Il va falloir se dépêcher…”!
Au même moment, d’autres pensées s’invitent : les rendez-vous à prendre chez le dentiste, la comptabilité à mettre à jour, les consultations de la journée. Ma tête devient un véritable tableau avec trop de dossiers ouverts en même temps. Dans ce brouhaha intérieur, je prends conscience de ce que représente réellement la charge mentale pour nous les mamans et je me rappelle que je ne suis pas la seule.
Dans cet article, je vous partage 5 signes concrets qui montrent que votre charge mentale devient trop lourde. Les reconnaître peut déjà être un premier pas vers plus de douceur et de respiration.
Vous vous sentez agitée et sur-sollicitée
Quand la charge mentale devient trop importante, tout semble urgent. Même les petites choses prennent une dimension démesurée et votre mental saute d’une tâche à l’autre sans véritable pause. Vous vous sentez sursollicitée par vos enfants, votre partenaire, le rythme du matin… et il peut devenir difficile de prioriser quoi que ce soit. Tout semble important, tout semble devoir être fait “tout de suite”.
Je reconnais cet état lorsque j’ai le sentiment que mon cerveau n’arrive plus à traiter ce qui arrive, ni à canaliser les demandes de mes enfants tout en réfléchissant au reste. Dans ces moments-là, je sais que mon corps m’indique de ralentir. Ce fonctionnement est souvent accompagné de pensées automatiques comme “il faut que…”, “je dois…”. Ces pensées entretiennent l’agitation intérieure, qui renvoie ensuite à de nouvelles pensées… formant un cercle difficile à interrompre.
Vos émotions débordent plus rapidement qu’avant
Ressentir des émotions est sain mais lorsqu’elles deviennent trop intenses, qu’elles surgissent trop vite ou qu’elles semblent disproportionnées à la situation, c’est souvent le signe que la charge mentale est trop lourde.
Vous pouvez remarquer :
- une irritabilité accrue,
- des pleurs fréquents,
- une hypersensibilité,
- des réactions de colère plus marquée envers vos enfants ou votre conjoint.
Parfois, il suffit de “rien” pour que la coupe déborde. C’est dans ces moments qu’il est très facile de se juger, de se dire qu’on “exagère” ou qu’on “devrait mieux gérer”. Ce jugement ajoute une couche supplémentaire à un état émotionnel déjà sensible. Ces débordements ne sont pas un manque de contrôle ou le signe que vous n’êtes pas une bonne maman, ils sont un signal que votre système émotionnel est saturé.
Vous chercher à optimiser chaque minute de votre journée
Lorsque la to-do list s’allonge sans cesse, il peut devenir difficile de s’arrêter. Vous cherchez à optimiser le moindre moment, à faire plusieurs choses à la fois, à “gagner du temps” en permanence. Le docteur Aurélia Schneider explique que les femmes sont souvent plus enclines à adopter ce fonctionnement, notamment en raison de facteurs hormonaux et physiologiques.
Beaucoup de mamans que j’accompagne me confient qu’elles ont du mal à s’asseoir quelques minutes sans culpabiliser. Elles associent “ralentir” à “perdre du temps”. Pourtant, ralentir momentanément permet d’être plus efficace ensuite, c’est ce que l’on observe très bien avec la méditation. Le problème de la charge mentale, c’est qu’elle pousse à vouloir contrôler son environnement. Ce contrôle peut sembler rassurant dans l’instant… mais il nourrit l’anxiété et l’agitation à long terme.
Votre mental ne s’arrête jamais
Un autre signe très révélateur est l’impression que votre esprit continue de tourner, même lorsque le calme revient autour de vous. On distingue souvent deux types de pensées :
- celles qui sont constructives et nous aident à résoudre un problème,
- et celles qui tournent en boucle, les ruminations, qui épuisent plus qu’elles n’aident.
Ce sont ces ruminations qui peuvent vous donner la sensation d’être prisonnière d’un fil de pensées qui ne s’arrête jamais. Elles se glissent souvent le soir avant de dormir ou pendant une activité qui ne demande pas de concentration. Une pensée en appelle une autre, puis une autre, jusqu’à créer un “scénario” souvent négatif. Cette agitation cognitive nourrit l’anxiété et rend difficile de profiter pleinement de l’instant présent. Elle est un signe clair que vous avez besoin de prendre soin de vous, pour offrir de nouvelles respirations à votre esprit.
Vous êtes fatiguée en profondeur et moins disponible pour les autres
La fatigue liée à la charge mentale n’est pas une simple fatigue passagère. C’est une fatigue profonde, physique et émotionnelle, qui s’installe progressivement. Elle apparaît parce que beaucoup d’énergie est dépensée à gérer le quotidien… et trop peu à se ressourcer.
Je parle souvent à mes patientes de la métaphore de la batterie : elle se vide vite, mais se recharge très lentement si aucune activité ressource n’est présente. Ce n’est pas égoïste de prendre soin de soi. C’est indispensable, pour votre bien-être, mais aussi pour celui de votre famille. Lorsque les activités ressources manquent, la disponibilité émotionnelle diminue : moins de patience, plus de tension, moins d’envie de jouer, de discuter, d’être présente. Cette fatigue, couplée au sentiment de moins bien assumer ses rôles, est un signe précurseur du burn-out.
Conclusion
La charge mentale n’est ni un manque d’organisation, ni un signe de faiblesse, c’est un signal. Un signal parfois discret ou bruyant qui nous indique que notre esprit et notre corps ont atteint une limite.
Pouvoir reconnaître ces signes, c’est déjà faire un premier pas pour sortir du mode « survie ». C’est s’autoriser à ralentir et se rappeler que prendre soin de soi n’est ni égoïste ni accessoire mais c’est nécessaire pour cultiver plus d’harmonie dan sa famille.
Dans un prochain article, je vous partagerai des pistes concrètes pour commencer à alléger cette charge mentale, avec douceur et sans culpabilité, afin de retrouver plus de disponibilité, pour vous… et pour ceux que vous aimez.
Vous pouvez partager en commentaire comment vous gérer la charge mentale dans votre quotidien. Je serais ravie d’échanger sur votre expérience.